Emblème de la Croatie
Structure des armoiries
Les armoiries de la Croatie associent deux éléments. Un écu principal porte la sahovnica, damier de 25 cases rouges et blanches qui commence par une case rouge dans l'angle supérieur gauche. Au-dessus, cinq écus plus petits, légèrement inclinés, forment une couronne en arc de cercle. L'ensemble a été adopté le 21 décembre 1990 et figure aussi bien au centre du drapeau que sur les sceaux de l'État.
Damier historique
La sahovnica se rencontre sur des pièces de monnaie, des blasons et des décors architecturaux à partir de la fin du Moyen Âge, notamment sur des édifices des quinzième et seizième siècles. Le nombre de cases et la couleur de la première case ont varié selon les régimes, ce qui explique la sensibilité qui entoure encore certaines variantes du motif, en particulier celles employées entre 1941 et 1945.
Cinq écus de la couronne
Chacun des petits écus renvoie à une entité historique. Le premier, à gauche, montre une étoile à six branches d'or au-dessus d'un croissant d'argent sur fond bleu, considéré comme les armes les plus anciennes de la Croatie. Le deuxième reprend les deux barres rouges sur fond bleu de la république de Raguse, l'actuelle Dubrovnik. Le troisième présente les trois têtes couronnées d'or de la Dalmatie, le quatrième la chèvre d'or de l'Istrie et le cinquième la martre de Slavonie, courant sur une bande rouge sous une étoile à six branches.
Symbolique et interprétations
La martre occupe une place particulière dans l'imaginaire national, son nom croate ayant longtemps désigné l'ancienne unité monétaire du pays. Les héraldistes soulignent que la couronne de cinq écus vise à rassembler dans une seule image des territoires longtemps séparés entre la monarchie des Habsbourg, la Hongrie, Venise et l'Empire ottoman. Le choix de cette composition en 1990 a donné lieu à un débat public sur la manière de représenter l'unité du pays.
Emplois officiels
Les armoiries apparaissent sur les documents d'identité, sur la face nationale des pièces en euros croates, sur les uniformes militaires et sur les enseignes des administrations. Leur reproduction obéit à des règles précises de proportions et de couleurs fixées par la loi relative aux armoiries, au drapeau et à l'hymne national, qui sanctionne également les usages commerciaux non autorisés.