Scène politique en Croatie

Bipolarisation historique

La vie politique croate s'organise depuis l'indépendance autour de deux formations principales. L'Union démocratique croate, le HDZ, occupe le centre droit et se réclame de l'héritage de Franjo Tuđman, premier président du pays. Le Parti social-démocrate, le SDP, issu de l'ancienne Ligue des communistes réformée, structure le camp de centre gauche. L'alternance entre ces deux pôles a rythmé les gouvernements successifs depuis 1990.

Majorité issue du scrutin de 2024

Les élections législatives anticipées du 17 avril 2024 ont placé le HDZ en tête sans majorité absolue. Andrej Plenković a formé le 17 mai 2024 un gouvernement de coalition avec le Mouvement patriotique, formation nationaliste apparue en 2020, complété par l'appui de députés des minorités nationales. Le cabinet a obtenu la confiance du Sabor par 79 voix. La participation a atteint environ 62 %, contre 52 % en 2020.

Forces d'opposition

Le SDP conduisait en 2024 la coalition Fleuves de justice, soutenue par le président Zoran Milanović. La plateforme écologiste et de gauche Možemo, née des mouvements urbains de Zagreb, dispose d'un groupe parlementaire et détient la mairie de la capitale depuis 2021. Le Pont, ou Most, occupe une position conservatrice et souverainiste, hostile aux deux grands partis. Plusieurs listes régionales, en particulier en Istrie, complètent ce paysage.

Tensions entre les pouvoirs

Depuis 2020, les relations entre le président Milanović, issu du SDP, et le Premier ministre Plenković donnent lieu à des affrontements publics répétés sur les nominations, la politique étrangère et la lutte contre la corruption. En 2024, la Cour constitutionnelle a jugé que le chef de l'État ne pouvait pas se porter candidat au poste de Premier ministre sans démissionner au préalable, décision que l'intéressé a vivement contestée.

Corruption et confiance civique

Les affaires judiciaires visant des ministres et des dirigeants d'entreprises publiques nourrissent une défiance durable envers la classe politique. La Commission européenne et le Groupe d'États contre la corruption du Conseil de l'Europe recommandent régulièrement de renforcer la transparence du financement des partis et le contrôle des marchés publics. La participation électorale reste modérée, avec environ 44 % de votants au second tour de la présidentielle de janvier 2025.