Libertés publiques en Croatie
Garanties constitutionnelles
La Constitution croate consacre les libertés de pensée, d'expression, de réunion et d'association, ainsi que l'égalité devant la loi et la liberté de religion. La Croatie a ratifié la Convention européenne des droits de l'homme en 1997 et relève de la juridiction de la Cour européenne des droits de l'homme. Depuis 2013, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'applique également dans le champ du droit de l'Union.
Médias et journalisme
Le paysage médiatique associe un service public, la HRT, des groupes privés et une presse en ligne active. Les organisations professionnelles, dont l'Association des journalistes croates, signalent depuis plusieurs années un nombre élevé de procédures judiciaires engagées contre des journalistes par des personnalités publiques et des entreprises, souvent qualifiées de procédures bâillons. Reporters sans frontières relève également des pressions politiques sur la radiotélévision publique.
Justice et durée des procédures
La lenteur des procédures civiles et administratives constitue une critique récurrente des rapports annuels de la Commission européenne sur l'État de droit. Plusieurs réformes ont réduit le stock d'affaires en attente, mais les délais restent longs et alimentent des recours devant la Cour européenne des droits de l'homme. L'indépendance du parquet et celle de l'office anticorruption, l'USKOK, font l'objet d'un suivi régulier.
Médiateur et institutions de contrôle
Le médiateur de la République, le pučki pravobranitelj, publie un rapport annuel remis au Sabor et dispose de bureaux spécialisés pour l'égalité des genres, les droits de l'enfant et les personnes handicapées. Ces institutions signalent régulièrement des moyens limités et un suivi parlementaire insuffisant de leurs recommandations.
Points de tension
Plusieurs organisations internationales, dont le Conseil de l'Europe et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ont documenté des renvois de migrants vers la Bosnie-Herzégovine et des allégations de violences policières aux frontières extérieures, que les autorités croates contestent en partie. Les questions de mémoire liées à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre des années 1990 donnent lieu à des controverses publiques régulières. Le partenariat de vie commune, ouvert aux couples de même sexe depuis 2014, confère des droits proches de ceux du mariage à l'exception de l'adoption conjointe, le mariage restant défini par la Constitution comme l'union d'un homme et d'une femme depuis le référendum de 2013.