Géopolitique de la Croatie
Ancrage euro-atlantique
La Croatie a rejoint l'OTAN le 1er avril 2009, puis l'Union européenne le 1er juillet 2013, au terme d'un référendum approuvé par environ deux tiers des votants. L'entrée dans la zone euro et dans l'espace Schengen, le 1er janvier 2023, a achevé ce processus d'intégration et supprimé les contrôles aux frontières intérieures avec la Slovénie et la Hongrie. Le pays assume désormais une longue frontière extérieure de l'Union avec la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Monténégro.
Relations de voisinage
Le contentieux maritime et terrestre du golfe de Piran oppose la Croatie à la Slovénie. Zagreb refuse de reconnaître la sentence arbitrale rendue en 2017, après s'être retirée de la procédure, et le différend reste sans règlement. Avec la Serbie, la délimitation du Danube et les questions héritées de la guerre des années 1990, dont le sort des personnes disparues, continuent de peser sur les relations bilatérales. Avec la Bosnie-Herzégovine, Zagreb suit de près la situation des Croates de Bosnie, l'un des trois peuples constitutifs du pays, et plaide pour une réforme de la loi électorale bosnienne.
Politique européenne
La Croatie soutient l'élargissement de l'Union européenne aux Balkans occidentaux et présente son propre parcours comme un précédent utile. Elle a exercé la présidence tournante du Conseil de l'Union au premier semestre 2020. Le pays participe également à l'Initiative des trois mers, qui associe des États d'Europe centrale autour de projets d'infrastructures énergétiques et de transport.
Enjeux énergétiques
Le terminal méthanier installé sur l'île de Krk, en service depuis janvier 2021, permet d'importer du gaz naturel liquéfié et a pris une importance régionale après la réduction des livraisons russes vers l'Europe. Des projets d'augmentation de sa capacité et de renforcement des interconnexions vers la Hongrie et la Slovénie accompagnent cette orientation.
Défense et engagements internationaux
Les forces armées croates participent à des missions de l'OTAN et de l'Union européenne, notamment dans les pays baltes et au Kosovo. Le gouvernement a engagé le rétablissement d'une formation militaire de base de courte durée, présentée comme une réponse à la dégradation du contexte sécuritaire européen. Sur la guerre en Ukraine, l'exécutif soutient les positions communes de l'Union européenne, tandis que le président Milanović exprime publiquement des réserves sur certaines formes d'engagement militaire.