La peinture croate
Maîtres de la Renaissance
Plusieurs peintres nés sur la côte croate font carrière en Italie. Juraj Ćulinović, originaire de Skradin, se forme à Padoue auprès de Francesco Squarcione et compte parmi les grands noms du XVe siècle. Julije Klović, mort en 1578, s'impose comme miniaturiste et signe les Heures Farnèse en 1546. Andrija Medulić, maniériste actif à Venise, laisse notamment une Conversion de saint Paul.
Peinture baroque
Le XVIIe siècle voit se développer des ateliers dans les villes de la côte comme à l'intérieur. Tripo Kokolja décore les églises des bouches de Kotor, Federico Benković, d'origine dalmate, travaille pour les cours d'Europe centrale, et Bernardo Bobić fournit des retables à la Croatie continentale. La commande religieuse domine largement la production.
Ouverture parisienne et munichoise
Vlaho Bukovac, né à Cavtat en 1855 et mort en 1922, se forme à Paris et rapporte à Zagreb une palette claire qui inspire toute une génération. Il fonde en 1897 la Société des artistes croates. Peu après, Josip Račić et Miroslav Kraljević, tous deux disparus très jeunes, travaillent à Munich et introduisent une peinture sobre, construite par masses sombres et lumières franches.
Groupe Zemlja et art social
Le groupe Zemlja, actif de 1929 à 1935, réunit peintres, sculpteurs et architectes autour d'un art tourné vers la condition paysanne et ouvrière. Krsto Hegedušić en devient la figure centrale. Les autorités royales interdisent le mouvement, dont l'influence se prolonge néanmoins pendant plusieurs décennies.
École naïve de Hlebine
Dans le village de Hlebine, en Podravina, Hegedušić encourage des paysans à peindre. Ivan Generalić, né en 1914 et mort en 1992, y met au point une technique de peinture à l'huile sur verre, aux couleurs franches et aux scènes hivernales. Cette école naïve rencontre après-guerre un large succès international et alimente aujourd'hui encore le musée d'art naïf de Zagreb.
Abstraction et création récente
Julije Knifer consacre son œuvre au méandre, motif noir et blanc repris pendant plus de 40 ans. Edo Murtić apporte à la peinture croate un geste ample nourri par ses séjours américains. Le mouvement Nouvelles Tendances, accueilli à Zagreb dans les années 1960, place la ville sur la carte de l'art cinétique et programmé, tandis que les galeries contemporaines soutiennent une scène active.