L'architecture croate

Héritage antique

La côte croate conserve un ensemble romain d'une rare ampleur. L'amphithéâtre de Pula, achevé au Ier siècle, compte parmi les mieux préservés du monde romain et sert encore de scène aux spectacles d'été. Le palais que Dioclétien fait construire à Split vers l'an 300 associe résidence impériale et camp fortifié, avec un mausolée devenu cathédrale, et abrite aujourd'hui un quartier entier habité.

Art paléochrétien et préroman

La basilique euphrasienne de Poreč, élevée au VIe siècle, conserve des mosaïques d'or comparables à celles de Ravenne. Le préroman croate produit ensuite de petites églises à plan centré, dont Saint-Donat de Zadar, rotonde du IXe siècle bâtie sur le forum romain, et Sainte-Croix de Nin. Les entrelacs sculptés sur les clôtures de chœur caractérisent cette période.

Gothique et Renaissance en Dalmatie

Le chantier de la cathédrale Saint-Jacques de Šibenik, ouvert en 1431, occupe un siècle et réunit Juraj Dalmatinac puis Nikola Firentinac. L'édifice, entièrement monté en pierre sans mortier ni charpente, passe du gothique à la Renaissance et figure au patrimoine mondial. Trogir, Dubrovnik et Hvar conservent palais, loges et fontaines du même élan, tandis que les remparts de Dubrovnik prennent leur forme définitive au XVIe siècle.

Baroque continental

La reconquête des terres pannoniennes ouvre la voie au baroque. Varaždin, longtemps siège du ban, aligne palais, couvents et façades ordonnées. Les jésuites marquent le haut de Zagreb, Osijek se dote d'une citadelle régulière dans la Tvrđa, et les églises votives du Zagorje reçoivent retables dorés et fresques en trompe-l'œil.

Historicisme et premières modernités

Le séisme de 1880 conduit à la reconstruction de la cathédrale de Zagreb par Hermann Bollé, dans un néogothique très affirmé. La ville basse s'organise autour du fer à cheval de Lenuci, suite de squares et d'édifices publics alignés sur le modèle viennois. Viktor Kovačić rompt avec l'historicisme et signe le palais de la Bourse en 1924, avant que Drago Ibler ne fédère une école moderniste zagreboise.

Constructions d'après-guerre

La période socialiste multiplie les grands ensembles, dont Novi Zagreb, et les hôtels balnéaires posés dans la pinède du littoral. Vjenceslav Richter attire l'attention internationale avec le pavillon yougoslave de l'exposition universelle de Bruxelles en 1958. Depuis l'indépendance, musées, bibliothèques et équipements sportifs renouvellent le paysage bâti des grandes villes.